« Sens plastique »
07 mar 2009
Nathalie Léger, L’Exposition, Paris, P.O.L., 2008
Ce très littéraire essai, sous forme d’un monologue à bâtons rompus, se lit d’une seule traite. On l’aborde comme on regarderait un tableau, puis un autre objet d’art, au gré d’une promenade dans un musée, sans aucune autre motivation que la curiosité. Avec sans autre finalité que le pur plaisir esthétique.
Pouvoir contempler la beauté dans de subtiles mises en scène : méticuleux et obsessionnel exercice auquel se livrait quotidiennement l’extravagante comtesse de Castiglione, exceptionnelle par sa beauté. Ainsi, la favorite de Napoléon III a-t-elle posé pendant quarante ans devant l’objectif d’un des pionniers de la photographie, qui n’était autre que le portraitiste officiel de l’empereur : Pierre-Louis Pierson, aussi laborieux dans son travail que son objet dans ses mises en scène.
Outre ce clin d’œil historique et cet hommage à la photographie, il faut surtout voir dans ce généreux récit la dimension absolument avant-gardiste du travail que Pierson effectuait sur le portrait, avec cette forme de fascination pour la déchéance des corps dans l’image : une expression sublimée de la vanité du monde.