Ténèbres (création)

Au plus profond de la nuit de ta vie
Dans le gouffre des pensées sombres
N’oublie jamais non, n’oublie pas
De chercher le moindre point lumineux,
La plus infime étincelle, plus petite encore
Que la plus lointaine des étoiles
Et pourtant plus brillante

Vibrante, présente et aussi imperceptible
Que chargée de l’esprit de vie
C’est le sourire de l’enfant, la main de l’ami
Un rayon du soleil
Qui va filtrer au travers des portes sombres
De ton combat pour l’avenir

Sois attentif, reste aux aguets
Il n’est plus loin le pays de tes rêves
Tu n’as plus qu’à traverser les limbes de l’injustice
Franchir la porte des Enfers
Et ignorer l’incompréhension des autres
Pour parvenir à l’idée que tu te fais du Paradis

Puisse cette traversée être aussi longue
Qu’un égarement nocturne dans la forêt
Car c’est là que tu y apprendras le courage,
Les autres et la patience
Mais l’amour aussi, son fils légitime
N’oublie pas, surtout n’oublie jamais

De te dire qu’un seul regard pour l’autre
Peut parfois sauver une vie
Un mot, un geste envers celui que le monde rejette
Celui qui n’a pas choisi son enfer et qui le traverse malgré tout
Leçon d’humilité, trêve d’humanité
Aux yeux de ceux qui ont choisi de baisser la tête

N’oublie jamais que tu n’es pas comme eux
Que tu ne vis pas comme eux,
Que tu ne vois pas comme eux
L’avenir ou peut-être seulement la postérité
Seuls te diront si tu as eu raison
Bien maigre salaire pour une vie de lutte

Mais toi seul sait le chemin, la route
Que tu as choisi de prendre
Celle du cœur, la seule beauté possible
L’absolu convulsif, parfois insaisissable
Avec l’amour pour seule armure
Pour affronter les ténèbres du monde.

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