Salomé groove
11 nov 2009
I
Danse Salomé, danse la vie
Danse le feu
Telle une furie, danse,
Danse devant lui
Rends-le fou
Salomé,
Fais-le
Périr, mourir, de rage, de jalousie,
Agite tes bras, élève la tête, bouge tes hanches
Rends-le fou Salomé,
De cet amour qui a brûlé entre vous
Et qui brûlera encore
En dehors du temps en dehors du monde
En dehors du champ
Danse Salomé, danse,
Il te regarde, se yeux te mordent
Et c’est bon c’est si bon de le voir souffrir
Il souffre car ce soir ce n’est pas pour lui que tu danses
Ce corps que tu as connu dans tes bras,
Ce soir Belzébuth
Ce soir ce corps-là n’est pas pour toi
Elle danse,danse Salomé
Danse pour un autre, de tout son corps,
Elle vibre
VIBRE Salomé, VIBRE
Elle s’approche de lui
Il a pris ta place
La lame dans ton âme, la haine dans tes yeux
Salomé seule sait qu’il n’a pas pris son cœur
Belzébuth tu es resté
En elle comme tatoué
Elle t’a dans la peau, elle te porte en elle,
Comme un lourd fardeau
De brûlures
Tu es sa plus belle souffrance, la plus belle cicatrice de son corps
Dont elle se pare chaque soir comme d’un bijou,
Salomé…
En attendant elle se venge en dansant devant toi,
Mais cette fois-ci en dansant pour un autre que toi
Danse Salomé, DANSE, la nuit n’est pas finie
Il pourrait partir
Pour ne pas voir l’affront
Mais le devoir l’a attaché
À cette atmosphère surchauffée
L’occasion était trop belle Salomé
Danse Salomé, groove, Salomé,
Brûle, ondule ma sirène,
Brûle jusqu’aux tréfonds de son cœur
Détruis-le Salomé, vas-y,
ACHÈVE-LE !
Qu’il soit condamné à vie
Hanté par les arabesques telluriques
Esquissées par la grâce seule de ton bassin,
De la chute de tes reins
Que Belzébuth se meure d’amour pour Salomé
Pour le courage qu’il n’a pas eu de l’aimer
Et tu danses Salomé, tu le tortures
Tu ne veux plus sa paix
Achève-le Salomé
Maintenant tu vois qu’il n’en peut plus
De te voir vibrer contre le corps d’un autre
Ce soir Salomé s’est vengée
De ses propres armes
Parce qu’abandonnée
Au milieu du tourbillon, en son tumulte
Que toi-même avais créé
Pleure Belzébuth, crie, frappe
CRÈVE Belzébuth
Toi qui n’aurais pas même mérité
De la regarder
Tant est puissante
Salomé…
II
Hier soir j’ai enfanté de Belzébuth
Un ange, noir et sans ailes
Une nuit, une seule nuit avec le Diable en personne
Qui ensemença Salomé
Salomé…
Toi qui avais la nausée
Depuis son seul regard croisé
Tu n’as pas su que
Germait en toi son engeance
TA MATRICE ENFLEE,
Salomé
La vie dicta sa loi
Ce fruit du diable, pacte de nuit
Tu l’as pris comme un présent irraisonnable
De toute ton âme irraisonnée
Et chaque matin tu pries Salomé,
PRIE !
Afin que cet ange-là
Derrière son sourire
Ne cache pas la passion du Pire
PRIE Salomé, CRIE Salomé
Il est là
Jour après jour, Salomé
Tu le regardes …
Il est si beau il est à toi
Il grandira et tu veilleras
À ce qu’il ne t’assassine pas
Déjà il ne te dévora pas les entrailles
Quand il germa en toi…
Oui, jour après jour Salomé
Il a grandi en toi
Sans te dévorer
À ta surprise grande de mère condamnée
Il est si beau, il est là
Ange du ciel, figure tutélaire
Produit d’une danse en enfer
Avec le noir Lucifer
Veille, TREMBLE, CRAINS, Salomé
Que cet ange-là
Ne te dévore pas, ne t’assassine pas
N’oublie pas, Salomé,
Qu’il a suffi d’une danse
D’un regard, un seul baiser,
Pour que tu enfantes ce matin
Le fruit du pire des désirs
DÉSIR DU PIRE
Ton ange noir est là
Tu le regardes
Chaque seconde égale une torture
Belzébuth est en lui dans chacun de ses traits
Des replis de sa peau à la lueur de ses yeux
Prolonge la souffrance
Rouvre ta blessure
Salomé, NON, Salomé
TU NE PEUX PAS, NON
Tu ne peux…
Même si ses yeux sont le miroir
Du dernier espoir
Que ton amant maudit
T’a laissé entrevoir
AIME !
AIME-MOI
Ou MEURS Belzébuth
Je veux te voir brûler
De ton feu sacré
Incendie inextinguible, inextricable
Douleur insoutenable
Belzébuth,
Pour le restant de ma vie
De damnée, je peux bien,
Danser pour un autre, Belzébuth
JE VEUX BIEN
Dans ma chair meurtrie
Je n’aurai de cesse d’avoir
La mordante brûlûre de ton baiser
Et de ta langue l’empreinte tatouée…
Nathalie PHILIPPE