Archive for octobre, 2009

grosduboisPunchlines, de Christophe GROS-DUBOIS, Paris, éditions Sarbacane, 2009
(coll . « Exprim’Noir »)

Premier roman. Roman coup de poing de ce jeune et prometteur auteur venu du monde du cinéma et de la télévision. Roman noir, à coup sûr.

L’histoire : celle d’une paumée à peu près bien roulée, au grain de peau et à l’ingénuité exceptionnels, et surtout prête à tout : Debbie-the-slut, fille de gitans devenue star du porno à dix-huit ans, sous la férule d’un producteur-Pygmalion de plus de deux décennies son aîné, le dénommé Rob, un peu le Marc Dorcel d’Hollywood…

Nous sommes à L.A., où tous les coups sont permis, où l’Eldorado existe encore. Au moins dans la tête des quatre personnages déjantés qui habitent le récit de Gros-Dubois. This is not a love song…

Remarquez, à bien y réfléchir, c’est quand même une romance : entre cette ex-cheerleader et ce vieux producteur lubrique qui lui offre une arme automatique avec laquelle tout de même Debbie s’automutilera, victime de son goût prononcé pour le plaisir…

Bref, ce sont donc les aventures cocasses d’une star du X devenue unijambiste (voir plus haut) et qui continue à tourner malgré tout et deviendra dans l’esprit de toute une génération une véritable icône. Voyeur ? Trash ? Non, drôle, si on joue le jeu du narrateur.

Car l’histoire est racontée par une narratrice sans complexes ni langue de bois, une jeune femme qui n’est autre que Jenny, la sœur de Nine, ex-soldat revenu d’Irak et devenu body-builder, pectoraux gonflés aux protéines en bidon. Nine n’est autre que le bouche-trou qui viendra combler un moment la vie de Debbie qui s’est séparée de Rob au moment de l’accident puis de son cancer… On force le trait ? Non, c’est frais, c’est drôle, c’est enlevé, dans une langue savoureuse, avec des réparties dignes d’un vrai scénariste : « Le X c’est la mort, jamais une renaissance. C’était pourtant ce que Debbie y avait cherché. Elle avait toujours pensé le porno comme un concept bipolaire. Capable de l’élever ou de l’enfoncer » (p. 169).

La messe est dite. Si vous voulez savoir exactement dans quelles circonstances malheureuses Debbie s’est auto mutilée, lisez le livre. Il y a d’autres personnages, témoins de l’atmosphère décadente d’une société. John, le boxeur, sur les traces de son père, ancien champion… Bref, une ambiance tout en superficialité, sexe, sueur et luxure… A lire absolument. Ça détend !